Orgue

Mythologie et préhistoire de l'orgue

On s’accorde à dire que le premier orgue a été inventé par un grec, Ktésibios, au IIIe siècle avant J.C. Utilisant déjà une mécanique assimilable à un clavier, et une soufflerie dont la pression était donnée par l’eau. Cet ancêtre a tout naturellement reçu le nom « hydraule ».

Mais la préhistoire mythologique de l'orgue commence avec la figure grecque du satyre Marsias, un joueur d'aulos, le "patron" des futurs organistes qu'on sait avoir été en lutte avec Apollon, le "patron" des joueurs de lyre (et donc des clavecinistes modernes).

Le premier usage public de l'hydraule aura consisté à couvrir les clameurs des martyrs chrétiens dans les cirques romains... Ces deux faits présentent un caractère symbolique qu'il conviendrait de méditer avec humour...

Des petites orgues comparables à nos orgues dites de Barbarie furent en usage chez les romains, notamment dans les théâtres et ceci explique la méfiance des premiers évêques chrétiens à l'égard des joueurs d'instruments et des musiciens toutes catégories confondues.

À Byzance l'orgue devient un instrument de la pompe impériale après le transfert du siège de l'empire du fait des invasions barbares. Un orgue a été offert par une ambassade byzantine à Charlemagne et c'est seulement plus tard, au XIe siècle qu'il fera progressivement son entrée dans l'église catholique : dans les cloîtres d'abord (comme "guide-chant") puis dans les églises. Non sans causer du trouble et des polémiques ainsi que des litiges plus ou moins passionnels entre organistes...fices religieux.

Histoire de l'orgue « classique »

On peut désigner ainsi les instruments disposant d'un sommier, organe central distribuant le vent dans les tuyaux sous l'action des touches, le mouvement étant transmis de façon exclusivement mécanique.

La diffusion de l'orgue dans les églises ne devient importante qu'en liaison avec celle de la polyphonie à 4 parties. L'âge de l'orgue classique s'étend grosso modo du début du XIVe siècle à celui du XIXe siècle. Au cours de cette période de cinq siècles, les progrès techniques accompagnent et suscitent le développement du répertoire, aboutissant à un apogée au cours des XVIIe et XVIIIe siècles dans les principaux centres européens : Italie, France, pays germaniques, Pays-Bas, Angleterre et Espagne.

Les orgues modernes - les différents types

Plus que pour tout autre, les caractéristiques peuvent varier considérablement d’un instrument à l’autre :

  • orgue bible et orgue régale
  • caractère portatif des plus petits instruments dits « orgues positifs » (que l’on pose), ou fixe des grands instruments d’église ou de concert
  • nombre et étendue des claviers (de un à quatre ou cinq, parfois plus)
  • existence - ou non - et étendue d’un pédalier
  • nombre et nature des registres (ensembles de tuyaux) de 1 à 60 et plus par instrument
  • harmonisation, adaptée au lieu (salon, salle de concert, église, cathédrale) et au style (tempérament)
  • type de transmission, ou de tirage des notes et des registres (mécanique, pneumatique, tubulaire, électromagnétique, électropneumatique...)

Chaque grand instrument est une pièce unique. Il est adapté au local qui l’abrite, à sa destination musicale ou liturgique, à l’importance du budget qui a pu lui être consacré : par nature, c’est un instrument extrêmement coûteux, que ce soit en facture, en maintenance ou en restauration. À l’époque baroque, l’orgue est un des sommets de la technologie - seuls certains instruments d’horlogerie ou de serrurerie peuvent atteindre une complexité comparable. L'organiste fait ses exercices sur un clavicorde ou un clavecin s'il ne possède pas lui même un orgue. Depuis le XXe siècle, il existe aussi des orgues électromécaniques telles les célèbres orgues Hammond puis électroniques possédant des caractéristiques analogues en termes de clavier et de registration, mais où la production des sons résulte d’une synthèse.

Description générale

Les plus petits instruments prennent la forme d’un meuble unique regroupant tous les éléments : console (claviers et autres commandes), soufflerie, sommier et tuyauterie dans un même ensemble de menuiserie.

En ce qui concerne les instruments fixes, il est courant que la console soit séparée des éléments sonores regroupés dans ce qu’on appelle le « buffet d’orgue ». Un exemple de ce type de construction est l’orgue actuel de Notre-Dame de Paris : un seul buffet visible renfermant divers plans sonores : Positif, Grand-Orgue, Récit (expressif), Grand Choeur, Solo et Pédale. La console est en avant du buffet, l’organiste regardant vers la nef. Il peut y avoir aussi plusieurs buffets distincts. Le plus souvent deux sont visibles :

  • le petit buffet placé généralement en avant sur la tribune : c’est le « Positif » qui renferme le plan sonore du même nom. Sur certains instruments - rares - le Positif est expressif.
  • le grand buffet, en retrait du buffet de Positif, comportant les autres plans sonores (Grand-Orgue, Récit, Bombarde, Solo et Pédale, pour ne citer que quelques exemples français). Dans ce type de construction, la console est le plus souvent dite « en fenêtre », ce qui veut dire qu’elle tourne le dos au buffet de Positif et à la nef) et qu’elle est légèrement encastrée dans la base du grand buffet, ce qui nécessite une découpe dont la forme fait songer à celle d’une fenêtre. L’orgue de l’église Saint-Eustache à Paris, avec ses deux buffets dessinés par Victor Baltard - l’architecte des regrettées Halles de Paris - illustre ce type de construction.

Dans les églises et les cathédrales, le grand orgue peut être situé à différents endroits, plus ou moins favorables à l’acoustique :

  • en tribune, au-dessus du portail occidental (position la plus commune)
  • en nid d'hirondelle, sur un côté de la nef (cathédrale de Chartres, Strasbourg), ou dans le transept
  • dans le triforium (coursive située au-dessus des nefs latérales), disposition assez courante en Espagne notamment.

Il y a souvent, dans les grands monuments, un « orgue de chœur » plus petit situé dans cette partie de l’église, sur un des côtés ou dans le chevet, au sol ou en tribune.

Définition wikipédia

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